Autopsie d'une cyclosportive...

Publié le par Olivier Cyclosport

En analysant mes 10 cyclosportives que j'ai réalisées entre 2007 et 2008, j'ai remarqué que lorsque je participe à une cyclosportive, il y a les mêmes rituels, les mêmes sensations (je ne parle pas ici du déroulement de la course, sensations musculaires, fatigue etc).

Tout d'abord, la veille de la course, la préparation des affaires (et il y en a du bordel!!!), le repas du soir avec les indispensables pâtes, la nuit souvent courte (mais j'ai remarqué que même avec seulement quelques heures de sommeil, il n'y a pas d'impact sur la course).

Le Matin, réveil très tôt, déjeuné assez copieux,  revérification du matos, chargement du véhicule.

Départ en direction de la ville d'accueil (en général, entre 1h et 1h 45 de route). A l'approche de l'arrivée, on double ou on se fait doubler par d'autres voitures avec à l'intérieur des vélos...
Généralement, j'arrive assez tôt donc pas de problème de parking... Au fur et à mesure de l'arrivée des participants, l'effervescence augmente. Retrait du dossard, quelques mots avec des connaissances.
En écoutant les discussions, on se rend compte que personne est au top... Celui là n'a pas assez de km, un autre n'a pas roulé depuis un mois, celui ci sort d'une bronchite etc... mais moi même, ne suis-je pas pareil... Si l'on regarde les articles du blog avant une cyclo, on y verra des doutes concernant, soit le rythme, soit le kilométrage, le dénivelée et bla bla bla... Je pense que les cyclos se donnent, à priori, des excuses au cas où ils auraient une défaillance... Comme cela ils pourront dire aux autres coureurs, à leurs proches, sur leur blog..."Vous voyez, je vous avais prévenu..."

 Puis il faut se préparer.
Comment s'habiller...maillot court? maillot long? Moi, dans ces cas là, je regarde autour de moi et je m'habille comme la majorité des cyclos. Claquement de portières, bruit de pompes...

L'échauffement est un ballet de cyclos tournant en rond dans un rayon de 5/10km autour de l'aire de départ... Et déjà il faut garder un oeil sur la ligne afin de ne pas être trop loin (vu mon niveau, je ne cherche pas à être dans les premiers. (J'aime être dans le deuxième tiers) L'attente fait monter la pression, c'est bien sympa.
En milieu de grille, on sait que le départ a été donné grâce au bruit des cales qui s'enclenchent dans les pédales.

Les départs sont généralement rapides mais dès les premières bosses, les niveaux se mettront en place... Au bout d'un moment, on retrouve généralement les mêmes têtes autour de soi.

Si dans les premières places (ici, je suppose car je n'ai jamais été dans les premiers), les compagnons de route sont des adversaires, en milieu de classement voir en fin, les compagnons de route deviennent des alliés car pour cette catégorie de cyclo, seule compte la performance personnelle, c'est à dire la moyenne, voir même seulement la satisfaction d'arriver au bout. De toute façon très vite, durant la course, il est impossible de savoir son classement (la seule chose que je sais, c'est que je ne suis pas devant...). Par contre, le plaisir est le même que l'on "bataille" à 35km/h, 30, 25 ou même moins... On se prend pour un coureur (d'ailleurs, on baisse la tête!!!) avec gestion, relais etc. Des petites discussions peuvent même s'installer entre compagnons d'un jour, un petit encouragement par ci, par là...  ICI, pas d'attaque, de folle relance mais plutôt une allure soutenue au train.

A l'approche de l'arrivée, on lâche se qu'il nous reste de force sans pour autant sprinter pour une 300 voir 500éme places...Le passage de la ligne d'arrivée est toujours une "libération"... Les visages sont fatigués... Echange de mots avec les quelques gars avec qui l'on a fini puis direction la voiture ou le parking à vélo...repas... quelques pas sur l'aire d'arrivée...
il est temps d'aller voir le classement. Le panneau d'affichage est facile à trouver. Si vous voyez une dizaine d'individus agglutiné devant une liste de noms et bien c'est là!!!.
Il faut se frayer un chemin. Ma tactique pour trouver mon nom, je pars de la fin du classement et je le remonte. D'une part, je trouve mon nom plus rapidement... et de plus, chaque nom de remonté est une satisfaction... Ce fameux classement qui a une importance à ce moment là mais qui au final n'en aura pas autant que le plaisir pris durant la course. S'il faut retenir un chiffre, ce sera la moyenne...

Achat d'une photo pour immortaliser l'instant et pouvoir dire : "J'y étais"... Récupération du "diplôme" qui validera SA performance...

Et puis il faut repartir avec, durant le voyage retour, des images plein la tête et l'envie d'y retourner... mais pas tout de suite car il faut laisser place à la récupération physique mais aussi mental...

Une fois à la maison, ce n'est pas sans une certaine fierté que l'on annonce à sa femme, enfants, son classement, son temps, sa moyenne voir son kilométrage... chiffres que vos proches oublieront très rapidement car à leurs yeux, le plus important est que soyez rentré sain et sauf (pas de chute, blessure)...

Publié dans cyclosportives

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L
J'ai lu ton article le sourire aux lèvres. Là, on y est bien. La pression qui monte doucement, et ce dès la veille. Le rituel des préparatifs, la petite inquiétude en allant s'échauffer et découvrir la forme du jour. Les regards aux adversaires du jour, à leur matos.A l'arrivée, quelque soit le résultat on est heureux de s'être offert une bonne partie de manivelle et on se refait la course devant notre plat de pâtes.C'est tout cela qu'on va bientôt retrouver et je peux te dire que j'ai hâte d'y être !
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P
Décidément trop bien cet article, il colle trop à la réalité et concrétise bien ma conception de la pratique cyclosportive que j'ai résumé dans une "pensée puissante" :"Dans une cyclosportive plus que la performance c'est l'aventure avec soi même qui compte. Chacun peut y accomplir SON exploit pour la seule gloire de son propre dépassement."
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O
Salut PhilEt oui, de temps en temps, j'aime faire de la psychologie... à deux balles Pas de problème et je ne compte pas les droits d'auteura+
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P
pffffffffff olivier moi c'est tout idem  et d'ailleurs si tu le permet je vais mettre un petit mot sur mon blog car ton article est criant de vérité. Adéu Phil
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